Les vagues du silence 3






Each day we go about our business,
walking past each other, catching each other's
eyes -- or not -- about to speak or speaking.

All about us is noise. All about us is
noise and bramble, thorn and din, each
one of our ancestors on our tongues.

Someone is stitching up a hem, darning
a hole in a uniform, patching a tire,
repairing the things in need of repair.

Someone is trying to make music somewhere
with a pair of wooden spoons on an oil drum,
with cello, boom box, harmonica, voice.

A woman and her son wait for the bus.
A farmer considers the changing sky.
A teacher says, "Take out your pencils. Begin."

We encounter each other in words -- words
spiny or smooth, whispered or declaimed,
words to consider, reconsider.

We cross dirt roads and highways that mark
the will of someone and then others who said
I need to see what's on the other side.

I know there's something better down the road.
We need to find a place where we are safe.
We walk into that which we cannot yet see.

Say it plain, that many have died for this day.
Sing the names of the dead who brought us here,
who laid the train tracks, raised the bridges,

picked the cotton and the lettuce, built
brick by brick the glittering edifices
they would then keep clean and work inside of.

Praise song for struggle. Praise song for the day.
Praise song for every hand-lettered sign,
the figuring it out at kitchen tables.

Some live by love thy neighbor as thyself,
Others by first, do no harm or take no more
than you need. What if the mightiest word is love?

Love beyond marital, filial, national,
love that casts a widening pool of light,
love with no need to preempt grievance?

In today's sharp sparkle, this winter air,
any thing can be made, any sentence begun.
On the brink, on the brim, on the cusp,

praise song for walking forward in that light.
Elizabeth Alexander. Praise song for the day


Je ne comprenais pas pourquoi mes voisins faisaient tout un plat de l’établissement d’une famille afro-américaine dans notre quartier. Je croyais vivre dans un monde libre et civilisé, une terre humaine et sans préjugés.


Je me trompais…


Danny se rendait à la classe à pied tous les matins. Il saluait tout le monde avec courtoisie, puis s’assoyait à son pupitre dans le fond de la salle. Il semblait très studieux. Tous ses cahiers et ses livres étaient propres et bien alignés devant lui. Il écoutait maître Guillaume avec attention sans se plaindre de rien. Il jouait avec nous dans la cour de récréation. Nous racontait un peu sa vie dans son Amérique du Sud, la Georgie, puis disparaissait rapidement derrière ses livres, au fond de la classe ou s’évanouissait dans le crépuscule polaire de janvier.


Danny était un mystère. Il semblait vivre au jour le jour, heureux de respirer l’air glacial de cette saison. Il ne demandait rien. Il se contentait de marcher dans la rue, de se rendre à l’école tous les jours, de chanter à la récré et de travailler.


Danny semblait heureux, mais il demeurait distant avec nous. Il ne quittait pas sa nouvelle maison. Soirs et week-end, les gamins du quartier se réunissaient un peu partout pour disputer une partie de hockey, pour construire des châteaux de glace ou pour expérimenter la nouvelle patinoire. Tout le monde, sauf Danny.


Les vagues du silence naviguaient sur Nouveau-Bordeaux.


Je décidai de faire quelques remous.


À suivre…


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1. Illustration: Bob Adelman.






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Commentaires

  1. vous avez le talent Mlle Mireille de nous laisser en haleine..

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