mercredi 9 décembre 2015

Chroniques Astaire : Ne tuons pas la beauté du monde… where is le Magicien d’Oz ?

Jean-Paul Riopelle


Ne tuons pas la beauté du monde 
Ne tuons pas le chant des oiseaux
 
Ne tuons pas le bleu du jour
 
Diane Dufresne. Luc Plamondon.

Depuis une éternité, des familles de moineaux célébraient l’arrivée du printemps dans mon voisinage. Parmi eux, une petite famille d’irréductible choisissait année après année, de s’établir dans une vieille gouttière brisée de ma demeure. Les petits volatiles construisaient leur nid dans cet antre secret que j’entretenais dans le mystère également afin qu’il demeure inutilisable à l’humanité, mais propice et accueillant pour mes visiteurs ailés.

Je les observais du coin de l’œil tout au long de l’été. J’assistais avec angoisse aux premiers vols des oisillons. Mine de rien, je protégeais ce sanctuaire naturel pour cette espèce commune et fort bien mal aimée. À mon grand bonheur, les moineaux s’épanouissaient sur mon toit, ma forêt des mal-aimés, avec une certaine sérénité.

Puis, un automne plutôt récent, je les vis disparaître comme par magie.

Depuis presque deux ans, aucun petit moineau ne vient s’établir dans ma vieille cachette. Je me suis creusé la tête afin de comprendre ce triste phénomène… J’ai observé les environs avec attention tout le long de l’été. Quelques spécimens croisèrent ma route, mais aucun ne vient construire de nid chez moi. Mystère ? Où sont passés les moineaux ?

Il faut dire que les moineaux ne sont pas les seuls volatiles devenus rares dans ma région. Auparavant, d’immenses voiliers d’oies blanches naviguaient vers le Nord au printemps. Cet été, seulement quelques petites escadres ont voyagé vers l’arctique. Selon les ornithologues, plus de 80 % des oies ont disparu. C’est énorme !

Au cours de mes randonnées dans la montagne, je n’ai observé aucun faucon sur la falaise. Un couple s’y était pourtant établi depuis dix ans et bon an, mal an, donnait naissance à des portées de 3 à 5 fauconneaux. Cette saison, leur absence continua d’alerter les sens des amoureux de la nature.
Les oiseaux disparaissent de la planète. C’est une catastrophe… Un désastre pour nous tous.

Il va de soi que la conférence internationale de Paris sur le climat revêt une importance capitale. Est-il trop tard ? Je n’en sais rien… Au moment où j’écris ces lignes, Pékin, en Chine, est une ville catastrophe. La pollution y est si élevée que les autorités ont dû fermer la majorité des établissements, restreindre sévèrement la circulation automobile, interdire la production industrielle, fermer les écoles. Bref, Pékin est une ville sinistrée…

Ce matin, un écureuil farfouillait dans mes capucines fanées à la recherche de nourriture, des mésanges chantaient dans le tilleul en grignotant les graines… un sourire bleu d’espoir dans le trou noir des nuages.

Ne tuons pas la beauté du monde…
Ne tuons pas la beauté du monde 
La dernière chance de la terre
 
C'est maintenant qu'elle se joue
 

Ne tuons pas la beauté du monde
 
Faisons de la terre un grand jardin
 
Pour ceux qui viendront après nous
 
Après nous



Where is le Magicien d’Oz ?




À suivre…


lundi 9 novembre 2015

Chroniques Astaire : Alfred Pellan de retour ou Back to the futur à Ottawa…

Alfred Pellan. Canada-est



En 2011, à l’occasion de la visite officielle des membres de la famille royale au Canada, une œuvre majeure d’Alfred Pellan, peintre québécois de renommée internationale fut reléguée aux oubliettes, de façon très cavalière. À la place de l’œuvre de ce grand maître des arts visuels, on installa dans le hall d’entrée du ministère des Relations internationales une copie d’un immense portrait de la reine Élizabeth II…

Bon. Malgré tout le respect qui nous caractérise, nous les Québécois, envers les relations diplomatiques, ce rejet demeura figé dans notre mémoire collective. Bref, l’affront demeura au front.

À peine arrivé sur les lieux, voilà que les nouveaux élus se font un devoir de remettre les pendules à l’heure. C’est ni plus ni moins qu’un retour vers le futur pour le grand cubiste. Dans un climat presque surréaliste, voilà que l’œuvre en question, Canada est-Canada ouest, est remis en évidence à sa place originelle… au ministère des Relations internationales.

Une image ne vaut-elle pas mille mots ?

Les communications, la culture, les arts sont de retour au Canada. Climat surréaliste ? Non. Juste retour de climat équilibré.

Back to the futur d’un roi de l’image


À suivre…


Portrait d'une reine selon les Muppets...

lundi 2 novembre 2015

Chroniques Astaire : Gone with the wind




Lundi dernier, telle une majorité de Canadiens, je me suis rendue aux urnes. D’emblée, je vous rassure : je n’ai ressenti aucune nécessité de dissimuler mon minois sous un loup ou sac de croustilles afin de manifester quoi que ce soit. Non. Telle une suffragette contemporaine, j’ai tenu à exprimer mon droit de vote, sans tambour ni trompette, mais avec fermeté.

Sans l’ombre d’un doute, le système électoral archaïque qui subsiste au Canada ne nous laisse guère de choix. Afin d’exercer notre droit, nous devions voter en fonction de nos objectifs respectifs, non par conviction. J’ai donc opté pour le vote stratégique.

Sous cette démocratie toute relative, j’ai donc griffé d’un magnifique crochet la case du candidat qui me semblât le plus susceptible de provoquer un grand bouleversement à Ottawa, et par conséquent au Canada, au Québec. Mon devoir accompli, je poussai le bulletin magique dans la boîte de pandore électorale et remis le tout entre les mains du grand Wizard of Oz.

Satisfaite, je me rendis à ma boulangerie préférée, le Pain dans les voiles. Afin de me ragaillardir, je dégustai un cappuccino et une viennoiserie. Par la suite, je regagnai ma tanière, enfilai un pyjama et préparai une réserve de croustilles afin de supporter cette longue et angoissante soirée.

Lorsque les maritimes se mirent à naviguer sous un ciel réconfortant, l’air ambiant me sembla plus respirable. Le cœur léger et plein d’espoir, j’entamai un deuxième espresso et un premier bol de croustilles poivre et citron.

Au fur et à mesure du dévoilement du scrutin, les couleurs du temps prirent une tournure sereine. Une atmosphère plus saine se profila à l’horizon. Aussi, lorsque les analystes furent interrompus par l’animateur et qu’un énoncé libérateur fut prononcé, le ciel devint soudainement plus clément.

Il me fallut tout de même attendre très tard afin d’ouïr le discours du vainqueur. Avec soulagement, Justin Trudeau remercia les auteurs de ce vent de changement positif sur nos terres.

Enfant de la balle, professeur et sportif, le Justin pourrait bien nous étonner encore davantage. Changements politiques, économiques, climatiques, démocratiques… L’ouragan Justin emporte avec lui les idéologies d’austérité imposées depuis une décennie par des omertas mystérieuses. Même Krugman s’émerveille de cette vision keynésienne.

Nous avons amorcé un voyage vers l’avenir plus serein, plus démocratique.

Un long chemin reste à parcourir.

Bravo Justin !

Gone with the wind, la, la la…




À suivre…

Illustration : Le vent dans les saules. Kenneth Grahame.
Vidéo : Gone with thw wind. The Muppet 




mardi 28 avril 2015

Chroniques Astaire : Where is Gene Kelly ?







À l’aube du mois de mai, mon chapeau printanier demeure sur la paille. J’entretenais l’espoir naïf de l’étrenner pour le dimanche de Pâques. Quelle ne fut  ma tristesse de le remettre aux oubliettes pour aller tenter de déguster quelques douceurs chocolatées sur la terrasse de la Cabosse d’or, chocolaterie aussi incomparable que fantaisiste , tenue par une équipe de chocolatiers au cœur tendre, qui m’accueillit sous la pluie… dans un décor ponctuel tiré  des aventures d’Alice au pays des merveilles.

En compagnie d’un Lapin de mars et d’un chapelier fou de carton, il me sembla plus agréable de rêver à un espace vert couvert de bulbes multicolores et de pommiers en fleurs dansants sous l’espoir d’une journée ensoleillé.

Dans cette ambiance doucereuse, je me mis à rêver de l’avènement d’une reine rouge, forte et athlétique, dotée d’un caractère infaillible, sans foi ni loi, clamant à tous vents, face à cette austérité galopante et collante : `¨ Du diable, cette austère politique qui gangrène la terre. Qu’on lui coupe la tête ! ``

À défaut d’une reine rouge, Hilary peut–être… il me vint l’idée saugrenue d’une chronique réconfortante, sans foi ni loi, sur ces temps austères qui troublent notre atmosphère depuis belle lurette. Inutile de chercher de midi à quatorze heures, le titre me sembla tout de go tracé : Chroniques Astaire...

Qui d’autre que Fred Astaire pour mieux illustrer ce propos sous un ciel aussi dément. À force de danser sous tous les cieux, il me paraît plus plausible de faire croitre quelques rayons de soleil dans cette jungle de politiques démesurées, anti démocratiques et destructrices.

Le mal de l’équilibre budgétaire s’étend sur toute la surface de la terre. De Wall street à la City de Londres, la Banque dite mondiale fait sauter la caisse des gens ordinaires. Tandis que les frères unis de l’énergie se promènent peinards sous la bannière de l’économie dite salvatrice.

De la Louisiane au Maryland, De Montréal à Cacouna, de l’Ukraine à l’Allemagne, de la Grèce à la France, de la Syrie à la Libye, d’Israël à l’Égypte, du Yémen à l’Iran, du Brésil au Vatican rien ne va plus. Les innocentes victimes tombent sous les foudres des nouveaux rois du monde.

Le Canada et le Québec n’est pas en reste sur ces sentiers empiriques. Ce sont même des chefs de file dans ce domaine.

Ce matin, à la une de tous les journaux, le plus récent bilan de la catastrophe au Népal s’élève à 5 000 morts et plus de 1 000 000 de gens touchés. Des alpinistes sont toujours portés disparus sur le mont Everest…

Le climat politique se dégrade, dame nature se rebiffe.

L’environnement demeure sur la paille.

Where is Gene Kelly ?

Aussi, il me semble à propos de chanter haut et fort notre insatisfaction. Le climat se meurt, la politique aussi ! Marchons ! Chantons ! Dansons sous la pluie ! Qu’on lui coupe la tête à cette maudite campagne d’austérité ! Qu’on la fasse mourir de rire !



mercredi 26 février 2014

De la littérature : Ces romans qui parlent de l’Histoire : Louise Penny/Samuel de Champlain

Samuel_de_Champlain_arrive_à_Québec_-_George_Agnew_Reid_-_1909

enterrez_vos_morts_portrait1352901665 J’ai lu avec beaucoup de plaisir le sixième titre de la romancière Louise Penny intitulé : Enterrez vos morts. La spécialiste des intrigues policières, lauréate de nombreux prix Agatha Christie, nous entraîne cette fois hors de ses sentiers battus préférés, soit à l’extérieur de Three pines, son village de prédilection caché dans les bois des Cantons de l'Est. L’inspecteur Gamache se retrouve dans le Vieux-Québec, en convalescence chez son vieil ami et mentor.

Changement de décor, changement de rythme et beaucoup d’intrigues jumelées pour mieux nous faire languir. Le roman demeure différent des autres par ses nombreuses références historiques à l’histoire de la ville de Québec, particulièrement à son fondateur, Samuel de Champlain. En plein Carnaval de Québec, bienheureux de cette trêve, de ce repos forcé, l’inspecteur philosophe nous fait partager ses multiples promenades dans les rues enneigées de la vieille ville, partage avec nous ses préférences épicuriennes et ses errances méditatives nocturnes avec son chien sur les plaines d’Abraham.

De l’épicerie Moisan à la pâtisserie Paillard, du bar Saint-Laurent du château Frontenac au petit café du coin, tout est prétexte au bon gueuleton et aux remue-méninges des cellules grises. Je revois dans mon cœur avec bonheur la magnifique rue des Ursulines, la terrasse Dufferin et le fleuve.

Passionné d’histoire, Gamache établit son camp de vacances à la Litterary and historical society du chemin des Écossais. Bibliothèque immense, pleine de documents inédits, l’établissement ne tarde pas à sombrer dans le drame, malgré la présence du meilleur enquêteur de la province. Bientôt, un meurtre est commis dans la cave de l’édifice… La victime est un archéologue excentrique, creuseur de trous infatigable à qui mieux mieux dans la vieille forteresse. Sa folie avouée depuis toujours : découvrir la dépouille de Samuel de Champlain, le fondateur de la ville de Québec.

Samuel de Champlain. Monument Vieux-Québec Navigateur, cartographe, explorateur et chroniqueur, il semble bien que le père fondateur de fort Louis naquit protestant, à Brouage, en 1574. Premier choc… Un huguenot à la tête d’un bastion plutôt catholique. Qui plus est, cette théorie se confirme au fil des années de par l’étude de la personnalité de Champlain, de par son comportement et surtout par l’absence tangible de ses restes. Selon plusieurs historiens, Champlain serait enterré dans la vieille forteresse, à l’intérieur de la réserve D’Ailleboust, soit dans un quadrilatère restreint formé par les rues Sainte-Anne, Buade, du Fort et du Trésor. La première église ayant disparu au cours d’un incendie, le corps de Champlain aurait été transféré soit dans un cimetière avec fosse commune ou déménagé dans la crypte de la basilique. Certains parlent même de la chambre froide de l’actuel Buffet chinois de la rue Buade… D’autres évoquent le bureau de poste.

Mystère…

Selon plusieurs, Champlain serait victime d’un complot ou d’une vaste mise en scène destinée à brouiller les pistes des tenants de l’Indépendance du Québec. Sans relique, la gloire d’un peuple semble plus difficile à chanter. Le grand homme est-il enterré dans la cave de la literary and historical de Québec ?

Je vous souhaite de découvrir ce roman.

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