© Métaphore courtoise et humoristique
jeudi 22 décembre 2011
vendredi 2 décembre 2011
L’Afrique des écrivains 6 : David Livingston
Lors du voyage que je fis d’une mer à l’autre (1852-1856), traversant ainsi la portion intertropicale du continent africain, au sud de l’équateur, il se trouva qu’au lieu d’une contrée déserte où l’eau se perdait dans les sables, c’était un pays bien arrosé, d’un sol fécond, présentant de vastes forêts, de belles vallées herbeuses, habitées par une population considérable, et renfermant l’une des cataractes les plus surprenantes qui soient au monde.
Charles et David Livingston. Exploration du Zambèze, 1858-1864
David Livingston est né à Blantyre, en Écosse en 1813. Il a grandi parmi une famille unie, mais peu nantie. Ses multiples talents découverts très jeunes au sein du milieu éducatif lui valurent plusieurs bourses d’études. Médecin, missionnaire et explorateur, il devint rapidement un héros de l’ère victorienne.
Toute sa vie, il lutta contre l’esclavagisme. Ses pas au sein du continent africain furent jalonnés de cet esprit libérateur, ponctué de surcroît par cette volonté d’évangélisation des peuples dits païens, voire inférieurs, par les austères esprits colonialistes. De plus, la forte propension à l’impérialisme de cette époque teinta l’ensemble de ses missions. Le christianisme, le commerce et la suprématie de l’Empire britannique ont ponctué l’ensemble de ses recherches.
Dès 1840, il se rend en Afrique pour la London missionary society. Du Cap en Afrique du Sud, il explore le Botswana, puis le désert Kalahari. En 1844, il épouse Mary Moffat.
En remontant les rivières du sud vers le nord à la recherche des grands lacs du centre africains, il se rend jusqu’au lac Ngami. Par la suite, il remonte le Zambèze et établit sa cartographie. En 1855, il découvre les chutes du Zambèze qu’il baptise aussitôt les chutes Victoria en l’honneur de la reine de l’empire.
Il devient le premier britannique a traversé le continent Africain d’ouest en est.
De retour en Angleterre, il publie ses recherches Missionary travels and researches in South Africa. Christianisation, commerce et colonisation, les 3 C deviennent ses fers de lance. Il devint une icône de la colonisation dans les missions. Malgré peu de conversion au sein des peuples, il demeure convaincu de ses bonnes actions. Les bienfaits qu’il croit apporter aux civilisations noires demeurent ses motivations principales. Malgré lui, il deviendra le moteur suprême de cette agressivité colonialiste au cœur de l’Afrique.
Ses récits de voyage, ses journaux sont extrêmement émouvants à lire. Minutieux à l’extrême, tout détail y est consigné avec précision. Plusieurs éléments ethnologiques, scientifiques et culturels y sont relatés dans le moindre détail : Explorations à l’intérieur de l’Afrique australe et voyages à travers le continent (1840-1856) ; L’Afrique australe, premiers voyages (1840-1856) ; Explorations du Zambèze et de ses affluents (1858-1864).
À la suite du décès de sa femme, en 1866, il repart vers le centre du continent, en direction du lac Tanganyika. Sa véritable obsession demeurait la découverte des sources du Nil. Au cours de ce voyage, il tomba gravement malade. Réduit à l’inactivité exploratrice ou presque, il sombra dans le désespoir. Abandonné par tous, il se retira dans la région, en Tanzanie, et vécut comme un reclus. Sa disparition demeura un mystère…
En 1871, le célèbre journaliste Henry Morton Stanley fut mandaté par le journal américain le New York Herald de partir à sa recherche. Après quatre ans de longues péripéties en sol africain, il le retrouva sain et sauf. Ensemble, ils explorèrent le nord du lac Tanganyika. Livingston refusa alors de retourner en Angleterre. Il préféra demeurer sur ses terres d’adoption.
Livingston décéda en 1873, en Zambie. Il est enterré à l’abbaye de Westminster, en Angleterre.
Une petite visite en l’honneur de Livingston, I presume ?
Illustrations : 1. David Livingston sous la tente. 2. Livingston jeune. 3. Carte des explorations de Livingston. 4. Portrait de Livingston par Frederick Havill. 5.6. Gravures de Bayard.
vendredi 25 novembre 2011
L’Afrique des écrivains 5 : Sir Richard Francis Burton
My trip to Gorilla-land was limited by the cruise upon which
H.M.S.S. "Griffon" had been ordered, namely, to and from the
South Coast with mail-bags. Many of those whom I had wished to
see were absent; but Mr. Hogg set to work in the most business-
like style. He borrowed a boat from the Rev. William Walker, of
the Gaboon Mission, who kindly wrote that I should have something
less cranky if I could wait awhile; he manned it with three of
his own Krumen, and he collected the necessary stores and
supplies of cloth, pipes and tobacco, rum, white wine, and
absinthe for the natives.
Sir Richard Francis Burton. Two Trips to gorilla land and the cataracts of the Congo.
Le capitaine Sir Richard Francis Burton est né en 1821 à Torquay dans le Devon au Royaume-Uni. Officier militaire, escrimeur, explorateur, écrivain, poète, traducteur, linguiste, orientaliste, maître soufi, ethnologue, diplomate et surtout, expérimentateur de tout ce qui semble hors des sentiers battus.
Personnage romanesque à souhait, il voyagea inlassablement tout au long de sa vie, explorant les contrées sauvages, voire inhospitalières. L’aventurier maîtrisa 29 langues et 11 dialectes. Spécialiste de la langue arabe, déguisé en pèlerin, il fut un des premiers Occidentaux à se rendre à La Mecque.
Capitaine de la compagnie des Indes orientales, il servit également à la guerre de Crimée. La société royale de géographie lui confia rapidement une expédition en Afrique mémorable devant mener à la découverte du lac Tanganyika, la source probable du Nil.
Écrivain et poète, il produisit une quantité impressionnante de documents littéraires, allant de récits de voyages, essais ethnologiques, romans, poésies et traductions. Il devint le premier véritable traducteur des Mille et une nuits ainsi que du Kamasoutra. Membre émérite de la Société royale de géographie, il fut cofondateur de la société d’anthropologie de Londres.
Le fougueux explorateur est surtout connu pour ses périples en Afrique, particulièrement ses recherches des lacs de l’Afrique centrale. L’expédition Burton et Speke lui apporta gloire et désespoir.
En 1956, la nouvelle expédition sous la direction de Burton pour le compte la Société royale de géographie établit ses bases à Zanzibar. Ce voyage difficile opposera les deux chercheurs de façon implacable et inéluctable. Leur différend ne connaîtra pas de fin. Malade, Burton souffre de la fièvre, tandis que Speke perd pratiquement la vue et l’ouïe à la suite de diverses infections.
Non satisfait de la découverte du Lac Tanganyika, Speke prolonge les recherches seul vers le Nord afin de conclure l’expédition. À ce moment, la découverte du Lac Victoria, sources présumées du Nil, attise encore plus l’animosité entre les deux explorateurs. De retour en Angleterre, Speke revendique seul la grande découverte au grand dam de Burton. La veille du débat devant clore une partie de leur mésentente au sujet de leur expédition, Speke meurt d’un accident.
La disparition de Speke propulsa Burton dans un abîme de désespoir.
Burton épousa Isabel Arundel. Leur union fut passionnée et audacieuse telle des héros de roman d’aventures. Diplomate et écrivain, Burton se voit confier plusieurs postes au bout du monde. La côte ouest de l’Afrique (Guinée équatoriale, le Cameroun et le Congo) demeure sa principale obsession africaine. Aussi, du Brésil, il revient en territoires africains, particulièrement arabes, à Damas.
L’écrivain ne cessa de provoquer quiproquos et scandales. Il proposa des œuvres jugées pornographiques par les austères puritains de l’ère victorienne. Ses traductions sont durement critiquées. Têtu, il poursuivit ses recherches littéraires et publia différents textes dont Personal narrative of a pilgrimage to Al Madinah (1855), First footsteps in east Africa (1855), Lake region of equatorial Africa (1860), Wandering in West Africa (1863), Abeokuta and the Cameroon Mountains (1863), A Mission to Gelele, King of Dahomé (1864), Wit and Wisdom From West Africa (1865), Zanzibar (1872), Two Trips to Gorilla Land and the Cataracts of the Congo (1876), the Book of the Sword (1884), The Gypsy, the Jew and El Islam (1898).
L’explorateur termina sa vie paisiblement dans sa demeure du Royaume-Uni, en compagnie d’Isabel. Il semble que les dieux des explorateurs eurent envie de lui donner congé d'aventure…
Illustrations : 1. Carte de Wilford. 2. 3. 4. Images diverses. 5. Portrait de Sir Richard Francis Burton. Leighton. 6. Carte du voyage Speke et Burton. 7. 8. Dessins et gravures de Burton. 9. 10. Portraits de Burton.
vendredi 18 novembre 2011
L’Afrique des écrivains 4: Journal de la découverte des sources du Nil. John Hanning Speke
Here at last I stood on the brink of the Nile; most beautiful was the scene, nothing could surpass it! It was the very perfection of the kind of effect aimed at in a highly kept park; with a magnificent stream from 600 to 700 yards wide, dotted with islets and rock […]
John Hanning Speke. Journal of the discovery of the source of the Nile. 1863.
De toutes les régions africaines inexplorées au siècle de la reine Victoria, le centre demeurait le plus mystérieux. La découverte des sources du Nil constituait l’ultime défi pour tous les aventuriers sérieux de la planète. La Royal geographical sociéty s’efforçait de dénouer l’impasse et de nombreux prétendants tentaient de se mériter les palmes.
John Hanning Speke fut un des premiers explorateurs à franchir les lignes du départ de cette course. En compagnie de Burton et Grant, il effectua un périple devenu légendaire.
William Hanning Speke est né à Jordan, Angleterre, en 1827. Son enfance fut pleine de récits d’aventures. Il fut éduqué très vite selon la rigidité militaire. Officier d’infanterie aux Indes, le capitaine Speke s’intéresse jeune à l’Afrique équatoriale inexplorée. Géographe, botaniste et chasseur émérite, il poursuit ses prélimaires de plusieurs expéditions au Pendjab et au Tibet.
Sous les ordres du Capitaine Burton, il prend part à une première expédition en Afrique en 1854. Cette première expérience fut houleuse. Ces rapports avec le flamboyant ethnologue, géologue, écrivain, poète et polyglotte deviennent désastreux. Contraint de mettre un terme à cette aventure, il quitte la Somalie.
Déçu, le militaire s’engage aussitôt dans la guerre de Crimée. Pourtant, il souhaite retourner en Afrique et attend secrètement un signe du réputé explorateur Burton.
En 1956, la nouvelle expédition de la Royal geographical society, sous les ordres du Capitaine Richard Francis Burton à pour mission de poursuivre les expéditions en terres centrales africaines, de la côte est vers le lac Nyassa. L’étude des peuples, de la faune et la recherche de sources possibles du Nil sont les points essentiels du voyage périlleux.
Les préparatifs de l’excursion furent extrêmement longs. En 1857, Speke devient convaincu que trois lacs septentrionaux constituaient les sources du Nil. Toute l’expédition se construit désormais autour de cette obsession et se dirige vers le lac Tanganyika. De multiples contraintes empêchent les explorateurs d’avancer. Fièvres, infections, hostilités des peuples rencontrés, séquestrations de toute l’équipe, etc. En 1958, Speke navigue sur le lac Tanganyika, près des montagnes de la lune. Burton se dit heureux et retourne vers la côte est.
Insatisfait, Speke persuade Burton de le laisser poursuivre plus avant les recherches vers le nord. Il croit que les sources sont plus évidentes. Il se rend alors avec une trentaine de porteurs jusqu’au lac Victoria…
Les sources du Nil sont désormais connues. Speke passe à l’histoire comme étant le découvreur des sources du Nil.
D’autres expéditions suivirent. Speke retourna avec Grant et développa davantage ses recherches sur ces régions difficiles d’accès. Le journal de la découverte des sources du Nil. 1863. relate ses aventures.
Speke perdit la vie dans un accident de chasse, sur son domaine anglais.
Illustrations : Grant, Speke et Burton.
vendredi 11 novembre 2011
L’Afrique des écrivains 3: Jules Verne
Ingrédients, pour 4 personnes
- 800 g d'épaule d'agneau coupée en petits cubes
- 200 g de poisson séché
- 3 gros oignons
- 300 g de patates douces
- 1 chou
- 3 navets
- 3 carottes
- 300 g de citrouille
- 1 piment
- 100 g de purée de tomates
- 1,5 l d'eau
- 25 cl d'huile d'arachide
- 200 g de cacahuètes grillées ou de pâte d'arachide
- sel, poivre.
Progression
- Dans une cocotte faire chauffer l'huile.
- Y faire dorer la viande et l'oignon coupé en lamelles. Dorer.
- Ajouter l'eau, puis les patates douces, les navets, les carottes, la citrouille, tronçonnés, le chou, en quartiers, et le poisson sec (nettoyé). Cuire à petit bouillon 40 minutes.
- Pendant ce temps, piler les cacahuètes. Mouiller avec un peu d'huile et d'eau jusqu'à ce qu'à obtention d'une pâte lisse. A défaut, prendre une pâte toute prête qu'on délaiera dans un peu d'eau).
- Quand les légumes sont cuits, les retirer.
- Ajouter alors la pâte de cacahuètes dans la sauce, par petites quantités. Remuer soigneusement.
- Ajouter le piment et le deuxième oignon hachés. Remuer. Remettre les légumes.
- Servir avec du riz, la sauce en saucière.
