mardi 13 décembre 2016

Diane Arbus et l'image du monde

Diane Arbus. Child with a toy hand grenade in Central Park, N.Y.C., 1962
Il y a quelques années, j'ai publié sur ce carnet un article sur une magnifique photographe : Diane Arbus. Vous pouvez lire ou relire cette chronique à cette adresse :

Les cahiers rouges...

Je suis ravie de vous transmettre l'invitation de Monsieur Alonzo, un fan inconditionnel des grands photographes, dont la mission est de faire connaître ces artistes de l'image

Diane Arbus sur Artsy

Diane Arbus avait le don de nous saisir l'âme en quelques secondes... J'ai choisi cette image saisissante d'un jeune garçon jouant avec une grenade jouet dans Central park.

Plusieurs liens me semblent toujours d'actualité. Que ferait les policiers devant cet enfant avec un objet menaçant dans les mains ? Serait-il lui aussi victime des forces de l'ordre comme ce jeune noir abattu en plein jour parce qu'il s'amusait avec un fusil à eau ?

Ce gamin pourrait être Syrien et tenter de survivre dans les rues d'Alepp...

Ce gamin pourrait personnifier Trump jouant avec l'équilibre fragile du monde...

Diane Arbus ou la curiosité du coeur à l'heure de tous les dangers...

Bonne lecture !
communicationmc.com


mercredi 9 décembre 2015

Chroniques Astaire : Ne tuons pas la beauté du monde… where is le Magicien d’Oz ?

Jean-Paul Riopelle


Ne tuons pas la beauté du monde 
Ne tuons pas le chant des oiseaux
 
Ne tuons pas le bleu du jour
 
Diane Dufresne. Luc Plamondon.

Depuis une éternité, des familles de moineaux célébraient l’arrivée du printemps dans mon voisinage. Parmi eux, une petite famille d’irréductible choisissait année après année, de s’établir dans une vieille gouttière brisée de ma demeure. Les petits volatiles construisaient leur nid dans cet antre secret que j’entretenais dans le mystère également afin qu’il demeure inutilisable à l’humanité, mais propice et accueillant pour mes visiteurs ailés.

Je les observais du coin de l’œil tout au long de l’été. J’assistais avec angoisse aux premiers vols des oisillons. Mine de rien, je protégeais ce sanctuaire naturel pour cette espèce commune et fort bien mal aimée. À mon grand bonheur, les moineaux s’épanouissaient sur mon toit, ma forêt des mal-aimés, avec une certaine sérénité.

Puis, un automne plutôt récent, je les vis disparaître comme par magie.

Depuis presque deux ans, aucun petit moineau ne vient s’établir dans ma vieille cachette. Je me suis creusé la tête afin de comprendre ce triste phénomène… J’ai observé les environs avec attention tout le long de l’été. Quelques spécimens croisèrent ma route, mais aucun ne vient construire de nid chez moi. Mystère ? Où sont passés les moineaux ?

Il faut dire que les moineaux ne sont pas les seuls volatiles devenus rares dans ma région. Auparavant, d’immenses voiliers d’oies blanches naviguaient vers le Nord au printemps. Cet été, seulement quelques petites escadres ont voyagé vers l’arctique. Selon les ornithologues, plus de 80 % des oies ont disparu. C’est énorme !

Au cours de mes randonnées dans la montagne, je n’ai observé aucun faucon sur la falaise. Un couple s’y était pourtant établi depuis dix ans et bon an, mal an, donnait naissance à des portées de 3 à 5 fauconneaux. Cette saison, leur absence continua d’alerter les sens des amoureux de la nature.
Les oiseaux disparaissent de la planète. C’est une catastrophe… Un désastre pour nous tous.

Il va de soi que la conférence internationale de Paris sur le climat revêt une importance capitale. Est-il trop tard ? Je n’en sais rien… Au moment où j’écris ces lignes, Pékin, en Chine, est une ville catastrophe. La pollution y est si élevée que les autorités ont dû fermer la majorité des établissements, restreindre sévèrement la circulation automobile, interdire la production industrielle, fermer les écoles. Bref, Pékin est une ville sinistrée…

Ce matin, un écureuil farfouillait dans mes capucines fanées à la recherche de nourriture, des mésanges chantaient dans le tilleul en grignotant les graines… un sourire bleu d’espoir dans le trou noir des nuages.

Ne tuons pas la beauté du monde…
Ne tuons pas la beauté du monde 
La dernière chance de la terre
 
C'est maintenant qu'elle se joue
 

Ne tuons pas la beauté du monde
 
Faisons de la terre un grand jardin
 
Pour ceux qui viendront après nous
 
Après nous



Where is le Magicien d’Oz ?




À suivre…


lundi 9 novembre 2015

Chroniques Astaire : Alfred Pellan de retour ou Back to the futur à Ottawa…

Alfred Pellan. Canada-est



En 2011, à l’occasion de la visite officielle des membres de la famille royale au Canada, une œuvre majeure d’Alfred Pellan, peintre québécois de renommée internationale fut reléguée aux oubliettes, de façon très cavalière. À la place de l’œuvre de ce grand maître des arts visuels, on installa dans le hall d’entrée du ministère des Relations internationales une copie d’un immense portrait de la reine Élizabeth II…

Bon. Malgré tout le respect qui nous caractérise, nous les Québécois, envers les relations diplomatiques, ce rejet demeura figé dans notre mémoire collective. Bref, l’affront demeura au front.

À peine arrivé sur les lieux, voilà que les nouveaux élus se font un devoir de remettre les pendules à l’heure. C’est ni plus ni moins qu’un retour vers le futur pour le grand cubiste. Dans un climat presque surréaliste, voilà que l’œuvre en question, Canada est-Canada ouest, est remis en évidence à sa place originelle… au ministère des Relations internationales.

Une image ne vaut-elle pas mille mots ?

Les communications, la culture, les arts sont de retour au Canada. Climat surréaliste ? Non. Juste retour de climat équilibré.

Back to the futur d’un roi de l’image


À suivre…


Portrait d'une reine selon les Muppets...

lundi 2 novembre 2015

Chroniques Astaire : Gone with the wind




Lundi dernier, telle une majorité de Canadiens, je me suis rendue aux urnes. D’emblée, je vous rassure : je n’ai ressenti aucune nécessité de dissimuler mon minois sous un loup ou sac de croustilles afin de manifester quoi que ce soit. Non. Telle une suffragette contemporaine, j’ai tenu à exprimer mon droit de vote, sans tambour ni trompette, mais avec fermeté.

Sans l’ombre d’un doute, le système électoral archaïque qui subsiste au Canada ne nous laisse guère de choix. Afin d’exercer notre droit, nous devions voter en fonction de nos objectifs respectifs, non par conviction. J’ai donc opté pour le vote stratégique.

Sous cette démocratie toute relative, j’ai donc griffé d’un magnifique crochet la case du candidat qui me semblât le plus susceptible de provoquer un grand bouleversement à Ottawa, et par conséquent au Canada, au Québec. Mon devoir accompli, je poussai le bulletin magique dans la boîte de pandore électorale et remis le tout entre les mains du grand Wizard of Oz.

Satisfaite, je me rendis à ma boulangerie préférée, le Pain dans les voiles. Afin de me ragaillardir, je dégustai un cappuccino et une viennoiserie. Par la suite, je regagnai ma tanière, enfilai un pyjama et préparai une réserve de croustilles afin de supporter cette longue et angoissante soirée.

Lorsque les maritimes se mirent à naviguer sous un ciel réconfortant, l’air ambiant me sembla plus respirable. Le cœur léger et plein d’espoir, j’entamai un deuxième espresso et un premier bol de croustilles poivre et citron.

Au fur et à mesure du dévoilement du scrutin, les couleurs du temps prirent une tournure sereine. Une atmosphère plus saine se profila à l’horizon. Aussi, lorsque les analystes furent interrompus par l’animateur et qu’un énoncé libérateur fut prononcé, le ciel devint soudainement plus clément.

Il me fallut tout de même attendre très tard afin d’ouïr le discours du vainqueur. Avec soulagement, Justin Trudeau remercia les auteurs de ce vent de changement positif sur nos terres.

Enfant de la balle, professeur et sportif, le Justin pourrait bien nous étonner encore davantage. Changements politiques, économiques, climatiques, démocratiques… L’ouragan Justin emporte avec lui les idéologies d’austérité imposées depuis une décennie par des omertas mystérieuses. Même Krugman s’émerveille de cette vision keynésienne.

Nous avons amorcé un voyage vers l’avenir plus serein, plus démocratique.

Un long chemin reste à parcourir.

Bravo Justin !

Gone with the wind, la, la la…




À suivre…

Illustration : Le vent dans les saules. Kenneth Grahame.
Vidéo : Gone with thw wind. The Muppet 




mardi 28 avril 2015

Chroniques Astaire : Where is Gene Kelly ?







À l’aube du mois de mai, mon chapeau printanier demeure sur la paille. J’entretenais l’espoir naïf de l’étrenner pour le dimanche de Pâques. Quelle ne fut  ma tristesse de le remettre aux oubliettes pour aller tenter de déguster quelques douceurs chocolatées sur la terrasse de la Cabosse d’or, chocolaterie aussi incomparable que fantaisiste , tenue par une équipe de chocolatiers au cœur tendre, qui m’accueillit sous la pluie… dans un décor ponctuel tiré  des aventures d’Alice au pays des merveilles.

En compagnie d’un Lapin de mars et d’un chapelier fou de carton, il me sembla plus agréable de rêver à un espace vert couvert de bulbes multicolores et de pommiers en fleurs dansants sous l’espoir d’une journée ensoleillé.

Dans cette ambiance doucereuse, je me mis à rêver de l’avènement d’une reine rouge, forte et athlétique, dotée d’un caractère infaillible, sans foi ni loi, clamant à tous vents, face à cette austérité galopante et collante : `¨ Du diable, cette austère politique qui gangrène la terre. Qu’on lui coupe la tête ! ``

À défaut d’une reine rouge, Hilary peut–être… il me vint l’idée saugrenue d’une chronique réconfortante, sans foi ni loi, sur ces temps austères qui troublent notre atmosphère depuis belle lurette. Inutile de chercher de midi à quatorze heures, le titre me sembla tout de go tracé : Chroniques Astaire...

Qui d’autre que Fred Astaire pour mieux illustrer ce propos sous un ciel aussi dément. À force de danser sous tous les cieux, il me paraît plus plausible de faire croitre quelques rayons de soleil dans cette jungle de politiques démesurées, anti démocratiques et destructrices.

Le mal de l’équilibre budgétaire s’étend sur toute la surface de la terre. De Wall street à la City de Londres, la Banque dite mondiale fait sauter la caisse des gens ordinaires. Tandis que les frères unis de l’énergie se promènent peinards sous la bannière de l’économie dite salvatrice.

De la Louisiane au Maryland, De Montréal à Cacouna, de l’Ukraine à l’Allemagne, de la Grèce à la France, de la Syrie à la Libye, d’Israël à l’Égypte, du Yémen à l’Iran, du Brésil au Vatican rien ne va plus. Les innocentes victimes tombent sous les foudres des nouveaux rois du monde.

Le Canada et le Québec n’est pas en reste sur ces sentiers empiriques. Ce sont même des chefs de file dans ce domaine.

Ce matin, à la une de tous les journaux, le plus récent bilan de la catastrophe au Népal s’élève à 5 000 morts et plus de 1 000 000 de gens touchés. Des alpinistes sont toujours portés disparus sur le mont Everest…

Le climat politique se dégrade, dame nature se rebiffe.

L’environnement demeure sur la paille.

Where is Gene Kelly ?

Aussi, il me semble à propos de chanter haut et fort notre insatisfaction. Le climat se meurt, la politique aussi ! Marchons ! Chantons ! Dansons sous la pluie ! Qu’on lui coupe la tête à cette maudite campagne d’austérité ! Qu’on la fasse mourir de rire !